cahier de textes numérique ?

Rentrée 2010 : période d’essai pour le cahier de textes numérique.

Appelé par X Darcos à entrer dans les établissements en 2009, le cahier de textes numérique restera expérimental et facultatif en 2010  mais obligatoire pour tous les enseignants  dès la rentrée  2011. Le texte publié au B.O. du 9 septembre définit son contenu, son archivage et sa place. Il ne règle pas pour autant toutes les difficultés de sa mise en place.«Il se substitue aux cahiers de textes sous forme papier à compter de la rentrée 2011», annonce le B.O. qui précise que cela ne concerne pas le cahier de textes privé des élèves qui reste recommandé.
Le contenu. «Un tableau de la charge de travail donnée à l’élève sera accessible», précise le B.O. ce qui pourrait avoir un impact positif dans les établissements où les devoirs sont rarement coordonnés. «Le cahier de textes mentionnera, d’une part, le contenu de la séance et, d’autre part, le travail à effectuer, accompagnés l’un et l’autre de tout document, ressource ou conseil à l’initiative du professeur, sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens… Les textes des devoirs et des contrôles figureront au cahier de textes, sous forme de textes ou de fichiers joints. Il en sera de même du texte des exercices ou des activités lorsque ceux-ci ne figureront pas sur les manuels scolaires». La circulaire prévoit que les cahiers soient conservés 5 ans.
Un dispositif séduisant. Déjà installés dans les établissements disposant d’un Espace Numérique de Travail, les cahiers de texte ont été bien accueillis par les enseignants. Les enseignants apprécient les possibilités d’enrichir le cours par des compléments numériques, par exemple vidéo ou audio. Ils apprécient le lien qu’ils permettent avec la famille et les élèves, même si l’Ecole est bien peu préparée à cette intrusion. On peut attendre des cahiers qu’ils impliquent les parents davantage dans le travail de leur enfant. En tous cas, beaucoup plus que les cahiers papier dont l’inutilité est bien établie…
Des difficultés demeurent. Mais la circulaire est loin d’affronter tous les problèmes. Les expériences étudiées montrent que la réussite des cahiers est liée aux conditions de leur mise en place. C’est le cas par exemple pour le cahier de l’ENT d’Ile-de-France qui a fait l’objet d’une longue expérimentation avant sa généralisation pour en définir les fonctions. Il faut que l’outil apporte quelque chose. Par exemple que les enseignants puissent dupliquer facilement des contenus d’une année à l’autre, pêcher des documents sur le réseau de l’établissement et les installer… toutes fonctions qui n’existent pas sur tous les logiciels. Les conditions matérielles des accès semblent aussi avoir une certaine importance : les établissements seront-ils à même de mettre des postes à disposition; sur quels créneaux ?

Enfin, il serait prudent d’établir une charte à l’attention des parents afin qu’ils aient conscience qu’un tel support ne doit pas être l’occasion d’une ingérence de leur part dans la démarche pédagogique et les choix des enseignants.

Il est surtout  particulièrement dommage que le texte n’apporte pas d’éclairage sur trois points :

  1. Le premier, c’est bien sûr les conditions matérielles de la mise en place. L’Etat décide qu’il y aura des cahiers de textes numériques partout l’an prochain mais ne les finance pas ! A cette occasion il manifeste encore une fois une curieuse conception du partage des rôles avec les collectivités locales. Elles ont leur propre plan de financement,  des moyens limités et… une existence reconnue par la constitution !
  2. Le second problème est celui des droits. Les enseignants sont souvent amenés à utiliser en cours des documents dont ils ne possèdent pas les droits. Leur demander de mettre sur des cahiers de textes accessibles en ligne tous les documents de cours risque de les mettre en danger.
  3. Enfin il y a une autre question de droits qui est passée sous silence : celle du droit d’accès aux contenus. Là aussi les expériences passées montrent qu’une totale transparence sur cette question est nécessaire. Les professeurs ne doivent pas se sentir soumis à une inspection permanente de la part des chefs d’établissement ni même des IPR.

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